Une coccinelle rouge installée sur une plante n’est généralement pas là par hasard. Dans le potager, elle recherche surtout des pucerons, tandis que les fleurs lui apportent un complément d’énergie. Je vous explique ce que mangent les adultes et les larves, comment reconnaître les exceptions et quelles associations végétales favorisent naturellement leur présence.
L’essentiel à retenir sur l’alimentation de la coccinelle rouge
- Les pucerons constituent la nourriture principale de la coccinelle à sept points.
- Les larves sont elles aussi prédatrices et peuvent consommer plusieurs dizaines de pucerons par jour.
- Le nectar, le pollen et le miellat complètent le régime des adultes, surtout lorsque les proies manquent.
- La couleur rouge ne suffit pas pour identifier l’espèce ni son régime alimentaire.
- Un jardin sans insecticide, avec des fleurs accessibles, offre les meilleures conditions pour l’accueillir.

La réponse tient surtout dans les pucerons
La coccinelle rouge la plus connue en France est souvent la Coccinella septempunctata, reconnaissable à ses sept points noirs. Elle mange principalement des pucerons adultes et des larves de pucerons, ces petits insectes qui s’agglutinent sur les jeunes pousses, les rosiers, les fèves ou les extrémités des plantes potagères.
Les pucerons sont des proies faciles à capturer parce qu’ils se déplacent lentement et ont un corps mou. Une coccinelle peut aussi s’attaquer à des cochenilles, des aleurodes et de petits acariens, mais son efficacité dépend toujours de l’espèce et de la quantité de proies disponibles.
Dans mon approche du potager biologique, je ne cherche pas à éliminer chaque puceron dès son apparition. Une petite colonie peut au contraire servir de réserve alimentaire pour les auxiliaires. Les coccinelles, les larves de syrphes et les chrysopes arrivent souvent lorsque la nourriture est déjà présente.
| Proie ou ressource | Importance pour la coccinelle |
|---|---|
| Pucerons | Nourriture principale de nombreuses espèces prédatrices |
| Cochenilles et aleurodes | Proies possibles, selon l’espèce |
| Acariens et petites larves | Ressources complémentaires |
| Nectar et pollen | Complément énergétique pour les adultes |
| Miellat | Substance sucrée produite par les pucerons |
Larves et adultes ne chassent pas au même rythme
La larve est une prédatrice très active
Avant de devenir la petite boule rouge que l’on reconnaît facilement, la coccinelle passe par un stade larvaire assez surprenant. La larve est allongée, souvent noire ou gris bleuté, avec des marques orangées et de petites épines. Elle ne ressemble pas du tout à l’adulte, mais elle mange elle aussi des pucerons en grande quantité.
Selon son âge, l’espèce et la disponibilité des proies, une larve peut consommer plusieurs dizaines de pucerons par jour, parfois davantage. C’est souvent elle qui fait le plus gros du travail dans une colonie installée sur une plante. Il faut donc éviter de la confondre avec un insecte nuisible et de la retirer.
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L’adulte complète son alimentation
La coccinelle adulte continue à chasser, mais elle consomme aussi du nectar, du pollen et du miellat. Ces ressources sont particulièrement utiles lorsqu’il y a peu de pucerons ou pendant les périodes où les adultes se déplacent entre deux plantes.
Une fleur ne remplace cependant pas une colonie de pucerons pour une espèce spécialisée. C’est un point que l’on oublie souvent lorsqu’on plante des fleurs pour attirer les auxiliaires. Les floraisons nourrissent les adultes, mais les larves ont surtout besoin de proies animales pour se développer.
Une coccinelle rouge n’a pas toujours le même régime
La couleur rouge attire l’œil, mais elle ne permet pas d’identifier précisément une coccinelle. En France, les Coccinellidae regroupent de nombreuses espèces, avec des régimes alimentaires parfois très différents. La forme des points, la taille, la saison et la plante occupée donnent de meilleurs indices que la couleur seule.
La coccinelle à sept points est une prédatrice appréciée au potager. D’autres espèces chassent surtout les cochenilles ou les acariens. Certaines sont phytophages, c’est-à-dire qu’elles consomment des végétaux, tandis que d’autres sont mycophages et se nourrissent de champignons, notamment de mildious.
Il faut aussi distinguer la coccinelle européenne de la coccinelle asiatique, qui peut présenter des teintes rouges ou orangées et un nombre de points variable. Cette dernière reste prédatrice, mais son comportement et sa capacité à concurrencer les espèces locales rendent son introduction volontaire moins intéressante. Pour un jardin équilibré, je préfère favoriser les populations déjà présentes plutôt que relâcher des insectes dont l’origine est incertaine.
Comment lui offrir de quoi manger au jardin bio
Le meilleur moyen d’accueillir les coccinelles consiste à construire un environnement où elles trouvent à la fois des proies, des fleurs et des refuges. Il n’est pas nécessaire de transformer tout le jardin. Quelques aménagements simples suffisent souvent.
- Tolérer quelques pucerons. Sur une plante vigoureuse, une petite attaque ne justifie pas toujours un traitement. Surveillez surtout les jeunes plants fragiles et laissez une partie des colonies accessibles aux auxiliaires.
- Planter des fleurs riches en nectar. L’aneth, le fenouil, la coriandre montée en fleurs, l’achillée, la phacélie et le souci offrent des corolles faciles d’accès. Les fleurs plates ou regroupées en ombelles conviennent particulièrement bien aux petits insectes.
- Éviter les traitements non sélectifs. Même un produit autorisé en jardin biologique peut toucher les coccinelles et leurs larves. Un savon insecticide ou une décoction ne devient pas sans risque simplement parce qu’il est d’origine naturelle.
- Conserver des zones moins ordonnées. Une bande d’herbes, un tas de feuilles ou une haie servent de lieux de repos et d’hivernage. Les coccinelles recherchent souvent un abri sec lorsque les températures baissent.
Je déconseille de déposer du sucre, du miel ou des miettes sur les plantes. Cela peut attirer des fourmis et d’autres insectes sans fournir une alimentation adaptée. Une floraison diversifiée est plus fiable et s’intègre mieux au fonctionnement naturel du jardin.
Les erreurs qui privent le jardin de ses auxiliaires
La première erreur consiste à traiter une plante dès l’apparition des premiers pucerons. En supprimant immédiatement toute la colonie, on supprime aussi le garde-manger qui aurait attiré les larves de coccinelles. J’observe souvent qu’une intervention limitée sur les pousses les plus atteintes suffit à laisser le temps aux prédateurs de s’installer.
La deuxième erreur est de ne reconnaître que l’adulte rouge à points noirs. Une larve de coccinelle peut sembler étrange, mais sa présence sur une tige couverte de pucerons est généralement un excellent signe de régulation naturelle. Avant de l’écraser ou de la déplacer, observez son comportement et la plante sur laquelle elle se trouve.
Enfin, acheter et relâcher des coccinelles n’est pas toujours la solution la plus efficace. Elles peuvent partir rapidement si le jardin ne contient plus de pucerons, et une espèce mal choisie peut déséquilibrer les populations locales. Les associations de plantes, la réduction des pesticides et la présence de refuges donnent des résultats plus durables.
Un peu de pucerons peut aider toute la biodiversité
Une coccinelle rouge se nourrit donc principalement de pucerons, avec un complément de nectar, de pollen ou de miellat chez l’adulte. Les larves sont souvent les auxiliaires les plus voraces, même si leur apparence les rend moins faciles à identifier.
Pour l’attirer durablement, je retiens une règle simple. Il faut accepter une faible présence de pucerons, planter des fleurs accessibles et laisser quelques refuges tranquilles. Cette combinaison nourrit les coccinelles tout en renforçant l’ensemble des équilibres utiles au potager.