La verveine citronnelle séduit par son feuillage au parfum de citron, mais elle demande un peu plus d’attention qu’une aromatique classique. Je détaille ici comment reconnaître cet arbuste, le planter en pleine terre ou en pot, l’arroser, le tailler, récolter ses feuilles et le protéger du froid selon le climat français.
Un arbuste parfumé qui réussit avec du soleil et un sol drainé
- Exposition plein soleil, idéalement contre un mur abrité.
- Sol léger, fertile et surtout bien drainé.
- Plantation au printemps, après les dernières gelées.
- Rusticité limitée, autour de -5 °C selon la durée du gel et l’emplacement.
- Récolte des feuilles de la fin du printemps au début de l’automne.

Reconnaître la véritable verveine citronnée
La verveine citronnée, appelée aussi verveine odorante ou verveine du Pérou, correspond à l’espèce botanique Aloysia citrodora. C’est un arbuste vivace originaire d’Amérique du Sud, cultivé pour ses feuilles étroites qui libèrent un parfum citronné dès qu’on les froisse.
Dans les régions françaises les plus douces, elle peut atteindre 1,50 à 2 m en pleine terre. Son feuillage est caduc, ce qui signifie qu’elle perd ses feuilles en automne avant d’entrer en repos. En pot, elle reste souvent plus compacte, surtout si je la taille régulièrement.
Il ne faut pas la confondre avec la citronnelle asiatique, Cymbopogon citratus. Cette dernière forme une touffe d’herbe tropicale aux tiges épaisses, tandis que la verveine odorante développe des rameaux ligneux. Leurs parfums se ressemblent, mais leur culture et leur résistance au froid sont très différentes.
| Plante | Aspect | Partie utilisée | Résistance au froid |
|---|---|---|---|
| Aloysia citrodora | Arbuste à feuilles fines | Feuilles | Faible à moyenne |
| Cymbopogon citratus | Graminée en touffe | Base des tiges | Très faible |
Le test le plus simple reste l’odeur. Une feuille froissée doit dégager un parfum frais, net et citronné. Si le feuillage est presque inodore, la plante a probablement manqué de soleil ou souffert d’un excès d’eau.
La planter au bon endroit pour obtenir un feuillage abondant
Cette plante a besoin de chaleur pour produire ses huiles aromatiques. Je lui réserve donc l’endroit le plus lumineux du jardin, avec au moins six heures de soleil par jour. Un mur orienté au sud ou à l’ouest crée un microclimat particulièrement utile dans les régions fraîches.
En pleine terre
La plantation se fait de préférence entre avril et juin, lorsque la terre est réchauffée et que les gelées fortes sont passées. Je creuse un trou environ deux fois plus large que la motte, puis j’améliore une terre lourde avec du compost mûr et une bonne part de sable grossier ou de graviers.
Le collet, c’est-à-dire la jonction entre les racines et les tiges, doit rester au niveau du sol. Une plantation trop profonde favorise l’humidité au pied et ralentit la reprise. Je laisse environ 80 cm à 1 m autour du plant pour que l’air circule et que l’arbuste puisse s’étoffer.
En pot ou en bac
Le pot est souvent le choix le plus prudent au nord de la Loire, en altitude ou dans les secteurs exposés aux hivers humides. Il doit mesurer au moins 30 à 40 cm de diamètre, posséder un trou d’évacuation et être rempli d’un substrat drainant composé de terreau, de compost et de matière minérale.
Je déconseille la soucoupe remplie d’eau en permanence. Elle transforme rapidement le fond du contenant en zone asphyxiante, même lorsque la surface paraît sèche. Un pot plus grand donne aussi davantage de réserves d’eau en été, mais il devient plus lourd à déplacer avant l’hiver.
Arrosage, taille et récolte sans épuiser la plante
La première année, un arrosage régulier aide le système racinaire à s’installer. J’arrose abondamment lorsque les premiers centimètres du sol sont secs, puis je laisse la terre respirer. Une fois bien enracinée, la plante supporte de courtes périodes sèches en pleine terre, mais elle reste dépendante de l’arrosage en bac pendant les fortes chaleurs.
Le bon équilibre consiste à maintenir une terre légèrement fraîche sans jamais la détremper. Un paillage de 5 à 7 cm de feuilles mortes, de paille ou de broyat limite l’évaporation et nourrit progressivement le sol. Je garde toutefois quelques centimètres libres autour des tiges pour éviter que l’humidité ne stagne au collet.
Une taille légère suffit
La taille principale intervient à la fin de l’hiver, lorsque les grands froids sont terminés. Je supprime le bois mort, raccourcis les rameaux trop longs et conserve une structure aérée. Une réduction d’environ un tiers de la longueur des branches suffit généralement.
Une taille trop sévère ou réalisée juste avant l’hiver peut fragiliser l’arbuste. Pendant la belle saison, je préfère pincer les extrémités et couper quelques tiges pour la récolte. Cette méthode stimule les ramifications tout en fournissant régulièrement des feuilles fraîches.
Lire aussi : Trempage haricots - Accélérez la levée sans erreur !
Récolter et conserver les feuilles
Les feuilles se récoltent de juin à septembre, de préférence le matin par temps sec. Je coupe les jeunes rameaux avant ou au début de la floraison, moment où le feuillage est généralement bien parfumé. Il vaut mieux éviter de prélever plus d’un tiers de la plante en une seule fois.
Pour les conserver, je fais sécher les feuilles à l’ombre, dans un endroit sec et ventilé, puis je les range dans un récipient hermétique. Les feuilles séchées gardent un parfum agréable pendant plusieurs mois, mais les feuilles fraîches offrent une note plus vive et plus florale.
La protéger du froid selon la région française
Le froid n’est pas le seul danger. Une terre gorgée d’eau en hiver peut être aussi dommageable qu’une gelée courte. La rusticité varie selon l’âge du plant, l’humidité du sol, le vent et l’exposition, mais je considère cette plante comme frileuse en dehors des climats doux.
| Situation | Culture conseillée | Protection |
|---|---|---|
| Littoral méditerranéen et zones très douces | Pleine terre possible | Paillage épais et abri contre le vent |
| Ouest et façade atlantique | Pleine terre dans un emplacement chaud | Voile lors des épisodes froids |
| Nord, Est et zones d’altitude | Pot recommandé | Hivernage dans un local lumineux et frais |
En pot, je rentre l’arbuste avant les nuits proches de 0 °C. Une véranda peu chauffée, une serre hors gel ou une pièce claire maintenue autour de 5 à 10 °C convient mieux qu’un salon chaud et sec. Pendant cette période, j’espace fortement les arrosages et je laisse le substrat sécher en surface entre deux apports.
En pleine terre, je protège la souche avec un paillage de feuilles ou de paille et j’enveloppe les branches avec un voile si une forte gelée est annoncée. Il est normal que l’arbuste perde ses feuilles. Une reprise tardive au printemps ne signifie pas forcément qu’il est mort, surtout si les tiges restent souples sous l’écorce.
Les erreurs qui font dépérir cet arbuste
La plupart des échecs viennent moins d’un manque d’engrais que d’un mauvais emplacement. Voici les problèmes que je rencontre le plus souvent dans les cultures amateurs.
- Un sol compact qui retient l’eau autour des racines. Il faut l’alléger avant la plantation.
- Une exposition trop ombragée qui produit des tiges molles et des feuilles moins parfumées.
- Des arrosages quotidiens alors que la plante préfère des apports copieux mais espacés.
- Une fertilisation excessive qui favorise le feuillage au détriment de la résistance et de la concentration aromatique.
- Une sortie d’hivernage trop précoce qui expose les jeunes pousses aux gelées tardives.
Les pucerons et les araignées rouges peuvent apparaître lorsque la plante est stressée par la chaleur ou l’air très sec. Je commence par un lavage doux du feuillage et j’améliore l’aération avant d’envisager un traitement. Dans un jardin bio, cette approche simple évite souvent de perturber inutilement les auxiliaires.
Des feuilles utiles de la tasse au jardin vivant
Une infusion se prépare avec environ 5 à 8 feuilles fraîches, ou une cuillère à café de feuilles séchées, dans une tasse d’eau chaude. Je laisse infuser 5 à 10 minutes, puis je filtre. Le résultat est naturellement parfumé et peut se boire seul, avec de la menthe, ou refroidi avec quelques rondelles de pêche.
Les feuilles fraîches aromatisent aussi les salades de fruits, les sirops, les desserts et certaines marinades. Je les ajoute plutôt en fin de préparation, car une cuisson prolongée atténue leur parfum. Comme pour toute plante consommée, j’utilise uniquement des feuilles identifiées et cultivées sans produit destiné à un usage ornemental non alimentaire.
Au jardin, cet arbuste trouve sa place près d’autres aromatiques méditerranéennes comme le thym, la sarriette ou la lavande. Ses petites fleurs peuvent être visitées par des insectes, mais je le choisis surtout pour son feuillage et sa capacité à créer une zone parfumée autour du potager. Une culture sans insecticide et un sol couvert favorisent davantage la biodiversité que la plante seule.
La multiplication par bouturage est accessible. En été, je prélève une extrémité saine de 8 à 10 cm, retire les feuilles du bas et la plante dans un mélange léger maintenu à peine humide. La reprise n’est pas garantie à chaque fois, mais cette méthode permet de renouveler un plant vieillissant sans acheter systématiquement une nouvelle plante.
Le meilleur compromis pour garder une plante parfumée plusieurs années
Pour réussir, je retiens une règle simple. Il faut offrir à cette verveine du soleil, un drainage impeccable et une vraie protection hivernale. Dans le Sud et sur les côtes douces, la pleine terre permet d’obtenir un bel arbuste. Ailleurs, le pot demande un peu plus de manutention, mais il évite de perdre la plante lors d’un hiver rigoureux.
Je conseille aussi de récolter régulièrement plutôt que d’attendre une seule grosse coupe. La plante reste ainsi ramifiée, productive et facile à contenir. Avec quelques feuilles séchées en réserve et un emplacement bien choisi, un seul sujet suffit largement pour les infusions et les usages culinaires de la maison.